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Les fiches de lecture

Référence bibliographique :

SMITH, Marc. Numérisation et paléographie. La numérisation des manuscrits médiévaux. In. Le Médiviste et l'Ordinateur, 2001, n°40. [En ligne]. Disponible sur : <http://lemo.irht.cnrs.fr/40/mo40-03.htm#P109_6178> (Consulté le 14 janvier 2006)

Résumé :

L’article de Mr Marc Smith s’articule autour de 3 axes :
=> Numérique et analogique
=> Acteurs des développements actuels
=> Formats électroniques
Il remet en question l'utilisation numérique pour les manuscrits et documents médiévaux et les projets de numérisation restent assez difficiles à évaluer (financiers et méthodologiques).

=> Numérique et analogique
La question principale est : qu’apporte de plus le numérique face aux autres modes de reproduction ? Peut-il profiter aux manuscrits ? Qu’est-ce qui motive les professionnels : l’innovation des méthodes ou la mise en valeur de leur fonds ?

Quels sont les avantages de l’imagerie numérique ? Tout d’abord, un coût faible, la maniabilité qui permet de lire les documents numérisés de manière rapide et simple, les divers traitements applicables à l’image (ses détails, ses couleurs, pour les documents difficiles à étudier etc.) et l’OCR (certains ont des doutes quant à son efficacité).

De l’autre coté, les inconvénients ne sont pas en reste : l’espace de mémoire est l’inconvénient principal pour la lourdeur des fichiers donc une mise en ligne difficile et une capacité de stockage restreinte sur les cédéroms et DVD, mais aussi la dimension des écrans de lecture pose souci pour l’ergonomie.
Or la précision est de rigueur pour le décryptage des vieux manuscrits.

=> Acteurs des développements actuels
La numérisation intéresse de plus en plus les paléographes car elle permet de constituer des collections numériques pédagogiques. Elle permettrait de rendre accessible à tous un trésor inestimable et surtout de le valoriser et de conserver les originaux loin des manipulations répétitives.
Divers projets de numérisation paléographiques se mettent en place en Allemagne, Italie, Royaume-Uni. La création de catalogues des fonds numérisés est essentiel mais rebute encore certains chercheurs.
Les éditions hypermédia intéressent aussi beaucoup les paléographes (plusieurs images décrivant le texte numérisé). L’auteur développe ensuite l'article sur les différents projets en cours dans cette catégorie.

=> Formats électroniques
Grâce au balisage des textes (caractéristiques graphiques et codicologiques), il est désormais possible de travailler sur les textes, de les lier avec des images, d’effectuer des recherches, tout ceci afin de créer une navigation dans les manuscrits eux-mêmes et de les entre-croiser entre eux. Reste à savoir quoi numériser en priorité… L’auteur, en tant que spécialiste de la paléographie, pencherait plus sur la numérisation des écritures tardives médiévales.
La numérisation offre à notre patrimoine le plus ancien d’être toujours maintenu dans le présent et ouvre des perspectives technologiques très intéressantes.

Commentaire :

J'ai trouvé intéressant d'étudier cet article car il permettait de voir d'un coté plus spécialisé, ici la paléographie, la numérisation et toutes les réflexions qui gravitent autour d'elle. J'aurais par contre aimé que l'auteur donne un exemple concret de numérisation de manuscrits médiévaux.

Mots-clés :

Paléographie / conservation / projets de numérisation / balisage / base de données / formats de données / valorisation

Référence Bibliographique :

ROSENTHALER, Lukas ; GSCHWIND, Rudolf ; FREY, Franziska. Archivage numérique de collections photographiques : rapport de principe. Berne, avril 2002, 40 p. [En ligne]. Disponible sur : <http://www.abmt.unibas.ch/dokumente/KGS-rapport_principe.pdf> (Consulté le 20 janvier 2006)

Résumé :

Le rapport étant assez long (40 pages), j'ai essayé d'aller à l'essentiel et de ne résumer que les points que j'ai jugés pertinents.

 

Le rapport se présente sous quatre grands axes :

=> Les Directives pour l'archivage numérique à long terme
Cette première partie aborde les problèmes qui peuvent être rencontrés lors d’un archivage durable (préserver l’objet et les informations que l’on a sur l’objet). Avoir une stratégie d’archivage est essentielle pour ne pas perdre la valeur des documents et surtout éviter de les rendre inexploitables.

Six niveaux de perte d’informations sont à éviter :
- Pas de données de classement qui caractérisent normalement un document numérisé (lieu de conservation, le format, procédés utilisés, informations techniques etc.),
- Absence de métadonnées descriptives du document (les personnes représentées, le lieu, la date etc.),
- Les formats ne sont plus adaptés et donc illisibles par le nouveau logiciel,
- Le formatage est inconnu, donc le support de données est illisible. Certains formats ne sont pas compatibles entre eux et nécessitent donc un matériel adéquat et adapté,
- Les lecteurs ne sont plus adaptés,
- Le support de données lui-même est endommagé.

Tous ces problèmes sont à prendre en compte si l’on veut sauvegarder le mieux possible les informations.
Des critères de procédures sont à respecter comme la redondance qui permet de réduire le plus possible les risques de perte d’informations, la migration de données afin de suivre l’évolution technologique des appareils de stockage (établir une politique de migration et une planification), la qualité des médias, c'est-à-dire, avoir des lectures de contrôle détectant les éventuelles erreurs et tester les médias avant tout stockage définitif, avoir un contrôle qualité rigoureux au niveau du traitement de la manipulation des supports pour éviter toute perte.

En ce qui concerne les critères techniques, les supports de données doivent être organisés grâce aux données de classement (pour la localisation et la migration des données), les métadonnées doivent être structurées de manière rigoureuse (soit dans le document même ou stockées sur une base de données), les formats de fichiers doivent assurer une conservation la plus longue possible (l’article détaille les différents types de formats et donne un tableau descriptif des formats les plus adaptés),  l’ouverture des supports de formats de données, savoir quels appareils de lecture et d’écriture sont le mieux adaptés pour stocker des données numériques et la fiabilité du support de stockage lui-même.

=> Les métadonnées
Cette partie traite des différentes formes de métadonnées (descriptives, de classement et structurelles), des formats de données pour l’exploitation des textes (MARC, EAD, SGML, XML), les métadonnées descriptives (choix du contexte important), administratives (copyright, rapport de travail, processus général), techniques (présentation du catalogue NISO, métadonnées minimales, le Dublin Core, le schéma de codage, leur insertion dans le cycle de travail, l’archivage à long terme).

=> Les directives pour la numérisation de photographies
Dans l’idée de préserver les biens culturels, de nombreux projets de numérisation de photographies sont en train de voir le jour. L’image numérique doit avoir pour objectif de remplacer l’image originale, c’est pourquoi elle doit répondre à des critères de qualité bien spécifiques : la numérisation ou scannage qui doit reproduire de manière fidèle l’image analogique, les métadonnées permettent l’identification de chaque image et doivent être correctement classées, un contrôle qualité permanent permet d’éviter ou de voir les erreurs.

La numérisation doit être la meilleure possible car elle est le lien de transfert entre l’image papier et l’image numérique même s’il est vrai que la qualité finale dépend essentiellement de la vraie photographie (en effet si l’image de départ est mauvaise, l’image d’arrivée le sera aussi).

C’est pourquoi il est nécessaire de choisir un bon scanner et qu’il soit adapté au format du document, mais aussi une définition spatiale (le nombre de pixels), une valeur tonale (luminosité mesurée en bits), un calibrage du scanner et une reproduction des couleurs correcte, un courant d’obscurité (numérisation sans éclairage), d’éviter les bruits (quantique, lumineux, sensibilité) qu’il est possible de rencontrer lors d’une numérisation d’image et enfin des distorsions géométriques peuvent apparaître lors de la numérisation.

Un autre point essentiel pour une conservation à long terme des documents est  le contrôle qualité des logiciels, ici le scanner, la qualité visuelle des images numérisées (netteté, poussières, géométrie, apparence finale), la vérification de l’intégrité du fonds numérisé (si le nombre de photos numérisées correspond bien au fonds papier, si les métadonnées et les noms ont été correctement attribués). Tous ces contrôles garantissent un bon archivage à long terme.

=> Les annexes donnent un exemple d’archivage à long terme et un schéma type pour le processus de numérisation de matériels photographiques.

Commentaire :

 J'ai trouvé ce rapport vraiment bien fait, chaque étape est bien expliquée. Ayant eu un cours sur la numérisation, ce rapport s'aligne de façon concrète sur ce que j'ai pu apprendre en classe. Il m'a permis de compléter mes connaissances et je pense que ce document, que je considère comme étant essentiel, me servira sûrement dans mon futur métier de documentaliste.

Mots-clés :

Numérisation / métadonnées / archivage / conservation à long terme / formats / risque / perte d'information / stockage / scanner

Référence bibliographique :

ORY-LAVOLLÉE, Bruno. La diffusion numérique du patrimoine, dimension de la politique culturelle : Rapport à Mme la Ministre de la Culture et de la Communication. Paris : Ministère de la Culture et de la Communication, 9 janvier 2002, 143 p. [En ligne]. Disponible sur :
<
http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/ory-lavollee/ory-lavollee.pdf> (Consulté le 3 décembre 2005)

Résumé :
Ce rapport dresse un état des lieux de la numérisation et de la diffusion du patrimoine et invite le ministère à réfléchir à une politique en matière de culture et de réseaux.

 => Contexte, enjeux et problèmes de la diffusion numérique du patrimoine
Le développement de la diffusion numérique du patrimoine est devenu une des priorités du gouvernement français. Quatre enjeux les plus significatifs ont été retenus :
- Enjeux culturels : conserver notre patrimoine est essentiel, c’est pourquoi la numérisation offre de nombreuses possibilités même s’il est vrai que la fiabilité des supports numériques comporte des risques.
- Enjeux de la démocratisation de l’accès aux œuvres : la numérisation permet que les œuvres soient vues par tous, favorisant ainsi l’éducation à l’art et l’accès à la culture.
- Enjeux liés au statut des contenus culturels : la France a été ferme sur ce point, il est nécessaire de protéger les œuvres numérisées afin de ne pas priver les auteurs de leurs droits mais aussi d’éviter que n'importe qui se les approprie.
- Enjeux du rayonnement international de la France : grâce aux réseaux de communication actuels et à un patrimoine riche et varié, la France est entrée dans une sorte de compétition culturelle avec les autres pays, en mettant en avant divers enjeux : stratégiques, culturels et économiques.

Pour que tous ces enjeux puissent être réalisés, il faut avant tout qu’un gros travail en amont soit fait sinon le projet peut être compromis. Beaucoup de projets de numérisation ont été lancés par le ministère français avec une logique d’offre pour les chercheurs et les spécialistes mais mettant de côté un aspect essentiel : le grand public. Les coûts ont été un frein à la bonne mise en place d’un plan stratégique de numérisation et actuellement, seuls la BNF et l’INA en ont eu les moyens.  Mais peu à peu les choses se sont mises en place au niveau des collectivités et surtout au niveau de l’Union Européenne avec la mise en vigueur de normes juridiques et financières.
Mais ce qu'il est important de bien comprendre, c'est qu'avant toute diffusion, il est nécessaire de vérifier si les droits d’auteurs sont libres ou pas. Le ministère est face à un vrai problème : il détient rarement les droits des œuvres qu’il souhaite numériser et leurs coûts d’achat sont souvent élevés.

 => Orientations et propositions
La polémique actuelle serait d’assouplir les conditions juridiques. Différentes solutions sont mises en avant dans le rapport comme la création d’une licence légale, dans une perspective pédagogique et de conservation.

De plus, une autre proposition est mise en avant : diffuser « les données publiques essentielles », distinguant le contenu et les données. Il est nécessaire de trouver le juste milieu entre la diffusion en ligne (promotion des bases) et l’édition privée (cadre juridique, partenariat, environnement économique propre, limitation de l’exclusivité etc.) afin que ni l’un ni l’autre ne soit plus avantagé. C’est pourquoi le ministère s’est engagé à remettre à jour son portail culturel en vue de promouvoir les différentes structures et leurs projets mais aussi de renforcer  la politique de diffusion numérique, des moyens financiers et humains, et l’obligation des établissements à établir un plan de numérisation et les moyens nécessaires pour chaque projet. Tout doit être spécifié en vue d’une meilleure organisation et surtout afin de voir de grands projets de numérisation se concrétiser.

Le rapport présente dix neuf propositions, à court terme et à long terme. Voici ce qu'il en est ressorti :
- améliorer le service rendu aux internautes : faciliter et améliorer la navigation et la présentation du site du ministère, étudier les publics et les usages des sites culturels, rendre l’accès aux œuvres de manière plus conviviale et pédagogique.
- créer un environnement pour les contenus numérisés des entreprises privées : le ministère doit s’organiser afin de répondre de manière efficace aux demandes des éditeurs, de définir l’espace public culturel gratuit, de créer des contrats et établir les coûts, de valoriser les contenus numérisés par un système d’appel à projets.
- le ministère doit revoir sa politique d’organisation et multimédia avec les différents établissements français et étrangers et leur donner des directives strictes (cahier des charges, stratégies de diffusion du savoir numérisé, création de portails par discipline) mais aussi envers lui-même.


Commentaire :
Article intéressant car il permet de constater les différents problèmes qu'à dû surmonter le Ministère de la Culture afin d'ouvrir son portail culturel aux différentes institutions publiques pour leurs projets de numérisation. Pour se rendre compte des améliorations dont parle l'article (certaines ayant été réalisées, d'autres pas), il suffit tout simplement d'aller voir le site www.culture.gouv.fr. Un énorme travail de structuration des données, de présentation, d'organisation et d'accès aux informations a été fait pour aider le plus possible l'internaute dans sa recherche. Dédié entièrement à la culture ce portail est un outil essentiel à connaître en tant que documentaliste.

A noter par ailleurs un article très intéressant, mis dernièrement sur le site :
Droits d'auteurs, droits voisins dans la société de l'information

Mots-clés :

Numérisation / conservation / diffusion / grand public / enjeux / droits d'auteurs / conditions juridiques

Référence bibliographique :

BÉQUET, gaëlle ; CÉDELLE-JOUBERT, laure. Numérisation et patrimoine documentaire. BBF, 2000, tome 45, n° 4, p. 67-72. [En ligne]. Disponible sur : <http://www.enssib.fr/bbf/bbf-2000-4/10-bequet.pdf  > (consulté le 12 novembre 2005)

Résumé :

Les bibliothèques ont bénéficié de l’avancée technologique, et en quelques années, de très nombreux projets ont vu le jour.
Ce succès est dû au gros travail de réflexion sur les coûts, les choix techniques à faire, l’évaluation des projets en France et à l’étranger. Sans ce travail, aucun projet ne pourrait aboutir.
C’est pourquoi, pour aider au développement de ces projets, le Ministère de la culture et de la communication prend en charge les frais techniques de numérisation, avant pour les microfilms, maintenant pour la numérisation de documents.

Chaque année, les nouveaux projets sont transmis aux Directions régionales des affaires culturelles, qui les examinent puis les valident mais peuvent aussi favoriser certains projets en versant des subventions.
Les bibliothèques peuvent obtenir des aides pour l’amélioration des conditions de préservation et de conservation (pouvant atteindre 50% des dépenses) ou encore la numérisation par un prestataire (entre 20 et 40% du montant hors taxes du devis).
Bien entendu, avant toute numérisation, certains éléments sont impératifs à prendre en compte : la propriété intellectuelle des documents (qui doivent être libres de droit pour pouvoir être numérisés ou qui ont l’accord des ayants-droits), les choix du format (propriétaires si possible, le choix du ministère s’étant porté sur le Tif et le Jpeg) et les noms des fichiers numérisés, qui doivent être uniques et significatifs, chaque image devant porter un code d’immatriculation, afin de leur garantir un meilleur repérage, stockage, une cohérence et cela, à long terme.
Les projets qui perçoivent une aide doivent rendre un rapport d’activité (Commission européenne), souvent mis en ligne, pouvant ensuite être utilisé comme référentiel pour la communauté bibliothéconomique.  L’article donne différents exemples de programmes en cours de réalisation (projet SEPIA, voir bibliographie commentée).
Au niveau international, le serveur de l’IFLA recense tous les programmes de numérisation du moment des bibliothèques.

En France, peu à peu les choses s’organisent (formations, journées) et l’intérêt ne va qu’en grandissant mais les investissements financiers et humain retiennent encore un grand nombre de bibliothécaires. L’élaboration d’un questionnaire (DLL) mis sous base de données puis hébergé par le site du ministère a permis de savoir quels établissements avaient un ou des projets de numérisation en cours ou à venir, privilégiant les documents anciens (XVIe-XIXe siècles) mais aussi les collections contemporaines et iconographiques.

 

Commentaire :

Dans l’ensemble, l’article est intéressant mais il est vrai qu’il n’a pas été à la hauteur de ce que j’en attendais. Le fait de donner des exemples de projets est bien, mais ne permet pas de cerner le projet de numérisation en lui-même. Il faut attendre d’être à l’avant dernière page de l’article pour rentrer dans le vif du sujet.

 

Mots-clés :

Bibliothéconomie / numérisation / projet de numérisation en France/à l’étranger / Ministère de la Culture et de la Communication / Direction du Livre et de la Lecture / patrimoine / collections numérisées.

J’ai trouvé que les bibliothèques n’étaient pas assez mises en valeur et leur mode de fonctionnement pas assez approfondi dans le cas d’un projet de numérisation de leur fonds. Mais peut être que cela vient du fait que l’article n’est plus tout à fait récent car depuis 2000, beaucoup de choses ont évoluées et se sont mises en place.

Par contre, j’ai trouvé pertinent de développer les résultats du questionnaire qui a été envoyé à plus d’une centaine de structure, permettant d’avoir une vision assez concrète du paysage numérique français dans les bibliothèques.
Enfin j’ai aussi apprécié le tableau récapitulatif des collections traitées en priorités mis à la fin de l’article.

Quatre facteurs sont à retenir lors de la mise ne place d’un projet de numérisation : financiers, techniques, juridiques, et patrimoniaux, et la nécessité de se tenir informé de l’actualité dans ces domaines.

Référence Bibliographique :

SALAÜN, jean-michel. Bibliothèques numériques et Google-Print . La Documentation Française, octobre 2005, 11p. [En ligne]. Disponible sur : <http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/15/76/sic_00001576_01/sic_00001576.pdf> (Consulté le 15 décembre 2005)

 

Résumé :

L’article débute par une présentation de la firme Google, sa création (1998), ses concepteurs (Larry Page et Sergey Brin) et les objectifs principaux du moteur de recherche.

L’auteur tente ensuite de comprendre le modèle d’affaire de la firme, à savoir ce que qu’elle propose et les bénéfices qu’elle en retire.
Son modèle d’affaire est principalement la vente d’espaces publicitaires. Mais à la différence de la presse, de la radio ou de la télévision, elle s’est orientée vers trois objectifs :
- Le langage écrit, qui est la base même de la construction du Web. L’écrit tient une place primordiale (contenu des pages, indexation, repérage, requêtes, etc.) mais Google retourne à son avantage le fait de vendre des propositions commerciales (publicités). En effet, il propose la vente de « mots-clés » afin que les pages soient indexées par le moteur. Enfin, grâce à l’ingénierie linguistique et statistique, tout est automatisé permettant des transactions à coûts réduits.
- Pas de frontière géographique et sociale entre les pays : la firme Google s’adresse à un marché mondial d’annonceurs favorisant la personnalisation de masse.
- L’interactivité en temps réel de l’internaute, permet à la firme de vérifier l’impact des messages publicitaires. Appelé « économie de la recherche », il est le succès phare de Google, lui permettant de faire une belle entrée en bourse.

 

Malgré tous ces efforts, des faiblesses persistent. C’est pourquoi, Google s’est lancé dans l’activité multiforme présentant un grand éventail de services dont fait partie la numérisation des livres. L’objectif premier est de « capter l’attention de l’internaute en balisant l’ensemble de don cheminement ». Conséquence, les revenus publicitaires ont explosés ; et s’est axée sur l’accès aux contenus comme c’est le cas pour le projet Google-Print.

En ce qui concerne le projet, deux étapes sont à retenir :
- Septembre 2004, l’offre s’adresse aux éditeurs dans le but de diffuser seulement une partie des ouvrages afin de les promouvoir.
- Décembre 2004, l’offre s’adresse aux cinq plus grandes bibliothèques du monde. Le but ? Numériser à grande échelle leur collection. Google veut établir une copie de chaque version numérique des ouvrages et les diffuser sur Internet.

 

Mais un problème se pose : le copyright. La sélection des ouvrages est donc restreinte car peu de livres sont dans le domaine public. Pour les autres, seuls quelques extraits peuvent être numérisés.
Il est vrai que le projet est colossal : 15 millions d’ouvrages soit 4.5 milliards de pages ont été cités, même si Google n’a jamais confirmé ces chiffres ni le prix de l’investissement total.
Pour avoir une vision concrète du projet, il suffit de naviguer sur le site : on ne peut que admirer le travail de précision et les multiples possibilités qui s’offrent aux internautes comme la recherche sur le texte intégral.
Déjà utilisé par d’autres acteurs Web, pour les droits d’auteurs, Google souhaiterait « appâter » en quelque sorte, les ayants droits en promouvant leurs œuvres et donc, d’une façon, de rendre la vente plus lucrative. En cas de refus, il utiliserait le fair use qui permet de consulter des documents sans avoir besoin de leur autorisation.

 

Tout ceci a crée de vives réactions et oppositions.
La première, celle du président de la Bibliothèque Nationale de France, Jean-Noël Jeanneney, qui annonce qu’un tel projet ne ferait que renforcer la suprématie de la culture américaine sur le Web. Il suggère par ses propos que comparée aux Etats-Unis, l’Europe n’a pas de projet de numérisation propre. Soutenu par le Président de la République
, il a été décidé, début 2005, la collaboration de 19 bibliothèques européennes dans le but de croiser leur catalogue dans un projet nommé The European Library.
En juillet 2005, un comité de pilotage a été mis en place dans le but de créer une bibliothèque numérique européenne.
Malgré les propositions avantageuses de Google, les ayants droits ont eux aussi réagi défavorablement au projet américain, qui a décidé de suspendre la numérisation des livres qui possèdent encore un copyright. L’Europe devient une autre de ses cibles : une proposition de numérisation a été faite aux éditeurs européens en prenant compte des droits d’auteur selon les pays.
En septembre 2005, les auteurs de différentes associations ont porté plainte pour, je cite, « avoir numérisé des livres sans autorisation des ayants droits ». Tous ces soucis judiciaires ne font hélas que commencer…

 

Beaucoup de débats se sont enclenchés sur les droits d’auteur : certains pensent, comme la commission européenne, à assouplir les règles de propriété intellectuelle, d’autres au contraire, comme notre Ministre de la culture, à maintenir de manière stricte les droits de mise en ligne des documents.
Les concurrents de Google, entreprises commerciales ayant des projets semblables, ont eux aussi vivement réagi. Considéré comme une réelle menace, le projet Google-Print interdit « la création d’index concurrents sur le texte intégral des livres ».
Yahoo souhaite, quant à lui, créer une alliance d’acteurs appelée Open Content Alliance basée entre autres sur la recherche d’information sur le Web.

 

Malgré toutes ces réactions, le projet Google-Print reste encore trop flou pour être jugé, et ce que les professionnels souhaitent est le respect de la propriété intellectuelle et l’ouverture des outils.
Tout se bouillonnement a permis à tous de réfléchir et de se repositionner.

 

L’article traite ensuite de la notion de « bibliothèques numériques » et les débats que cela engendre. Les bibliothèques numériques permettent aux internautes d’accéder à un patrimoine culturel inestimable sous la forme de collections en ligne. Mais aussi ne sont pas en reste les revues scientifiques et académiques ou encore les librairies en ligne comme Amazon.
Les débats actuels ne pourront que clarifier les situations.

Le projet Google a soulevé d’importantes questions concernant la définition des priorités, le choix des acteurs et de la stratégie à établir, les coûts, l’urgence de préserver un patrimoine qui se dégrade vite mais aussi les questions de pérennité à long terme, de la propriété intellectuelle et le domaine public, la notion d’accès et celle de publication. Le web est-il le meilleur moyen pour favoriser l’accès à la culture ? Toutes ces questions nécessitent des réponses afin de mieux réviser les jugements et rééquilibrer les enjeux.


Commentraire :

Cet article permet de vraiment bien cerner l’ampleur du projet Google-Print, ses enjeux mais aussi la vague de protestations qu’il a soulevé au sujet de la propriété intellectuelle des documents. Ce projet a été en quelque sorte le déclic nécessaire pour que le monde entier réalise les possibilités qu’offrent la numérisation et la diffusion en ligne, pour la préservation de notre patrimoine.

Avant, ce projet me paraissait flou et à part le projet de numériser 15 millions d’ouvrages, je ne savais pas grand-chose. C’est pourquoi j’ai choisi de faire de cet article ma 6e fiche de lecture, tout d’abord pour ma propre culture personnelle mais aussi pour éclairer les personnes qui étaient dans le même cas que moi.

Je conseille cet article à tout ceux qui souhaite mieux connaître le projet Google-Print.
Par contre, ayant été écrit en octobre 2005, le document n’est plus tout à fait à jour.

 

Mots-clés :

Projet de numérisation / Google-Print / numérisation / débats / enjeux / commercialisation de l’information / mondialisation de l’information / propriété intellectuelle / droit d’auteur

 


Référence Bibliographique :

FAYE, Emiliane. La numérisation des documents: opportunités et contraintes. CODESRIA: conférence sur la publication et la diffusion, 2004, 12p. [En ligne]. Disponible sur : < http://www.codesria.org/links/conferences/el_publ/faye.pdf  > (page consultée le 15 novembre 2005)


Résumé :

Les nouvelles technologies ont révolutionné le monde de la bibliothéconomie mais aussi celui de l’imprimerie. Encore récente, la numérisation suscite encore des craintes et une peur de perte d’identité. Malgré cela, les atouts de la numérisation sont incontestables et des règles juridiques doivent être appliquées pour la réguler.
 
Le texte de Emiliane Faye est découpé en quatre grandes parties : tout d’abord une présentation des objectifs, les avantages et les inconvénients, puis les limites et les contraintes de la numérisation, et enfin comment gérer ces deux aspects le mieux possible.
 
La numérisation se définit comme étant la conversion des documents imprimés (signal analogique) en valeur numérique (signal numérique) traitables par ordinateur, soit en mode image ou texte intégral avec l’OCR.
Quel est son but ? Tout simplement, de conserver, stocker et partager, mais aussi de pérenniser, consulter facilement sur un écran ou un réseau, protéger les documents du public et les valoriser grâce à une duplication à l'infini sans perte etc. La numérisation est une technique dédiée à la protection des documents, c'est-à-dire, à notre patrimoine ainsi qu’à leur diffusion à tous.
 
L’auteur a retenu neuf avantages et trois inconvénients de la numérisation.
En ce qui concerne les avantages, tout d’abord une facilité de conservation grâce aux moteurs de recherche et aux gestionnaires de fichiers qui permettent de classer de manière organisée les œuvres numérisées mais aussi de rendre la consultation plus aisée et plus conviviale. Une préservation des documents originaux dans le but d’améliorer leur accès et leur sauvegarde à cause des nombreuses manipulations qui peuvent les détériorer. Ainsi, la numérisation offre la possibilité de remplacer les objets fragiles.
L’accessibilité au public et la promotion, grâce aux stockages robotisés qui permettent de consulter les documents n’importe quand et par plusieurs personnes en même temps créant ainsi une valorisation du patrimoine.
La recherche a été rendue plus facile et efficace par la numérisation, augmentant les moyens de recherche que cela soit sur Internet que sur le document lui-même. De plus, l’aspect pédagogique a été amplifié grâce aux plates-formes multimédias qui permettent la formation à distance et la publication des études.
L’utilisation de toutes les formes d’éditions facilitant l’analyse et l’extraction des documents ou de certaines parties. Textes et images peuvent être réunis, coupés, collés, annotés, permettant d’organiser de différentes façons le document.
Un autre des avantages de la numérisation est la reproduction de l’information numérisée qui peut être soit stockée, soit imprimée soit reproductible à l’infini sans avoir d’impact néfaste sur le document source (image, texte, son, vidéo etc.).
La numérisation a été très bénéfique pour la gestion des collections (définition des priorités, sécurité, accès, recherche, catalogage, acquisitions, conservation, gestion des déplacements) mais aussi à l’ouverture d’un nouveau marché : l’édition électronique. En effet, les délais, les coûts de fabrication, de diffusion et de fabrication ont été nettement réduits.
 
Quant aux inconvénients, le plus important est le coût du matériel de numérisation et la nécessité d’avoir une main d’œuvre qualifiée pour la faire. Se pose aussi le problème de rangement des supports de stockage de l’information numérisée donc un investissement important. Enfin, les coûts de préparation, c'est-à-dire, la saisie numérique. Tout un travail d’indexation et de nommage dans la base de données en amont doit être effectué.
 
L’auteur aborde ensuite une troisième partie qui concerne les limites et les contraintes de la numérisation.
Pour les limites, trois ont été avancées : l’importance place de stockage que tiennent certains documents (images et collections de photographies), l’insuffisance de la qualité de numérisation pour certains documents : technologies pas encore assez évoluée, la perte de valeur juridique et d’authenticité des documents administratifs.
A travers toutes ces remarques, l’auteur attire notre attention sur le fait que la numérisation n’est pour le moment qu’un moyen de sauvegarde des documents mais pas un outils de préservation.
Concernant les contraintes, une sélection pertinente des documents est à faire : tout ne peut pas être numérisé, les coûts restreignent certaines structures, d’autres n’ont pas le personnel compétent, mais aussi on assiste à une non connaissance des réglementations juridiques et une limite des performances des appareils de numérisation.
 
La numérisation est le meilleur moyen de sauvegarder les documents à long terme. Pour un meilleur rendement, un travail collaboratif entre les structures est nécessaire de même que l’acquisition d’un matériel propre. Ceci permettra de faire des économies sur les coûts. Malgré tout, la numérisation reste destinée aux moyennes et grosses structures, les petites n’ayant pas forcément les moyens financiers et techniques et le fonds documentaires adapté.
Les règles juridiques limitent la numérisation. En effet, les documents anciens, étant libres de droit, n’ont aucune contrainte pour la reproduction et la communication. Certains ayants droits sont encore méfiants quant à la diffusion de leur patrimoine via les réseaux ouverts comme Internet.

Les bibliothèques ont le devoir de s’adapter et de s’ouvrir aux nouvelles technologies afin de véhiculer l’information à tous. Afin d’éviter de tomber dans l’excès, elles doivent établir des politiques d’organisation et de réflexion en prenant compte des conséquences liées au numérique.
L’analphabétisation des pays pauvres, le faible niveau de connaissances en technologies et le peu de moyens financiers causent un grand souci au niveau de la sauvegarde de leur patrimoine et d’accès au savoir.
 
 
Pour conclure cet article, l’auteur insiste sur la prise de conscience nécessaire des mauvais cotés de la numérisation mais aussi la considérer comme un outil de travail. Il est du devoir des professionnels d’accompagner les usagers dans leurs recherches et créer une coopération entre les diverses structures documentaires du monde entier afin de développer ensemble leur capacité de numérisation. Du fait des différents types d’usagers, le cadrage de la numérisation au niveau réglementaire reste assez flou. L’important est de bien connaître ses réels besoins et de bien délimiter les choix à faire. Certains pensent qu’Internet supplantera les bibliothèques traditionnelles. Or, il est vraiment important de comprendre que le numérique n’en n’est qu’à ses débuts, de même que le texte numérique ne fait que valoriser les fonds documentaires. De toute évidence le livre est loin de disparaître de notre vie. 


Commentaire :

Texte agréable à lire et bien présenté, il aborde de façon claire les apports de la numérisation à l'heure actuelle.

Le fait d'avoir comparer les aspects négatifs et positifs des technologies de numérisation, permet de comprendre que certains points de la numérisation sont plus développés que d'autres créant des inégalités entre les structures (problèmes de budget, de moyens techniques).
Malgré cela, une réelle volonté de collaboration entre les pays tente à se mettre en place.
L’auteur pointe l’importance du rôle des professionnels en tant que « guide » pour aider les utilisateurs à mieux s’adapter aux contraintes que peuvent engendrer la numérisation et du rôle des structures documentaires à trouver le juste milieu.
L'auteur met en avant le problème de décalage des technologies entre les pays riches et les pays pauvres et du fait que la numérisation n’en est qu’à ses débuts et que beaucoup de problèmes restent à être traités.

Par contre, petite remarque, j'aurais aimé avoir des exemples concrets de situations où ces avantages et inconvénients ont été rencontrés, cela aurait sans doute permis au texte d’être moins "abstrait".


Mots-clés :

Numérisation / valorisation / nouvelles technologies / contraintes / avantages / limites / sélection / budget / politique de numérisation / réflexion / collaboration

Référence Bibliographique :

TAYEB, Martine. La numérisation du patrimoine culturel. Culture et Recherche, mars 2004, n°100, p. 3-4. [En ligne]. Disponible sur : <
http://www.culture.gouv.fr/culture/editions/r-cr/cr100.pdf> (Consulté le 28 décembre 2005)


Résumé :

En une quinzaine d’années, les politiques de numérisation se sont développées à travers tout le territoire français. De l’initiative locale en passant par les grands établissements comme la BNF ou encore l’INA, toutes ces structures ont développé des offres de ressources électroniques et des plans de numérisation de leurs fonds. Un catalogue des fonds numérisés a été crée dans le but de recenser tous les projets de numérisation ainsi que leurs producteurs.

 

Concernant les bibliothèques municipales, une centaine d’entre elles ont décidé de ce lancer dans ce programme de sauvegarde et de diffusion du patrimoine en sélectionnant des fonds prestigieux ou encore méconnus du public. Cette dématérialisation a permis de reconstituer de manière virtuelle des collections conservées dans des lieux différents mais aussi de créer une coopération entre les divers établissements ayant des fonds communs. On note aussi une volonté d’améliorer les systèmes d’analyse des contenus et des modes de diffusion.

Les archives, départementales et municipales, se sont lancées à leur tour dans la numérisation en privilégiant le public et la préservation des originaux. Les documents les plus numérisés sont l’état civil et le cadastre mais aussi les fonds iconographiques, les recensements, les documents précieux ou encore les documents à caractère généalogiques ou administratifs.

De même que pour les bibliothèques, les musées français, font appel aux techniques de numérisation. Au niveau régional, des initiatives individuelles ou orientées vers la création de portails de musées ont fait leur apparition, tandis qu’au niveau national, certains fonds (photographies, archives d’artiste ou d’architecte ou encore l’art contemporain) ont été privilégiés à la numérisation.

Quant aux services de l’architecture et du patrimoine, un grand nombre a pris conscience de l’intérêt de la numérisation puisque cent vingt opérations ont été lancées. Leurs choix se sont portés sur les fonds photographiques et graphiques, diverses thématiques, archéologiques, patrimoniaux mais aussi sur leur production de dossiers documentaires.

Les associations se lancent dans la collecte et la préservation de la mémoire locale, tandis que des entreprises privées choisissent de numériser leur patrimoine historique comme c’est le cas avec la cinémathèque Gaumont. Enfin, la création de portails régionaux ouverts à tous permet d’accéder à une multitude d’informations et de renseignements.

Dès 1996, le Ministère de la Culture et de la Communication met en place un plan de numérisation (fonds iconographiques et sonores). Devenu un pilier de la stratégie de la numérisation française, il a permis de réunir des professionnels afin d’élaborer une politique de normalisation. Grâce à ce travail collaboratif, 4 millions de documents provenant de diverses structures documentaires ont été numérisés.

Il est important même nécessaire de cadrer toutes les réflexions qui gravitent autour de la numérisation. Les données structurées garantissent la conservation à long terme des contenus.

Des formats pivot (Dublin Core), des protocoles d’échanges ou normalisés (OAI-PMH) ont été développés afin de faciliter la mise en œuvre des portails patrimoniaux, l’exploration et l’indexation des fiches descriptives ou encore l’indexation de masse via des plates-formes de recherche et de diffusion. 

 

Après la production vient la valorisation des documents. En effet, que cela soit la mise en place de bases de données, l’offre documentaires des sites des archives départementales, les parcours interactifs ou encore les interfaces permettant d’accéder aux fonds sonores et à leur documentation, le public a désormais accès à un immense savoir en un simple clic.
De nombreux projets sont en cours de préparation afin de satisfaire une demande des internautes de plus en plus forte.


Commentaire :

L’article présente de manière claire et concise les différents programmes de numérisation des principales institutions françaises permettant d’avoir une vision précise des sélections faites au niveau de chaque fonds.

A travers ces exemples, l’auteur tente de nous faire comprendre l’importance des enjeux des techniques de la numérisation, où chaque institution a un fonds patrimonial qui lui est propre. De plus, l’auteur explique la nécessité d’établir en amont tout un travail de réflexion, de standardisation et de normalisation en vue de passer à l’étape « concrète » de numérisation. 


Mots-clés :

Numérisation / télécommunications / secteur public / secteur privé / projet de numérisation / enjeux

 

Référence Bibliographique :

DALBERA, Jean-Pierre. La numérisation : les enjeux de la numérisation. Culture et Recherche, 1999, n°71, p. 4-6 Disponible sur : <http://www.culture.gouv.fr/culture/editions/r-cr/cr71.pdf> (Consultée le 15 décembre 2005)

Résumé :

 L’article présente la situation de la France en concernant le domaine du numérique afin de valoriser et de moderniser le secteur public culturel.

Internet, média mondial de masse, est à l’origine de la croissance phénoménale des contenus multimédias. L’apport de ces technologies ne peut être que bénéfique pour le regroupement stratégique des différents secteurs de télécommunications. C’est pourquoi, la présence de la France sur les réseaux est nécessaire.

Toutes ces technologies sont un tremplin pour le secteur public car elles améliorent son organisation et son rapport avec les usagers. Par exemple, la messagerie électronique a permis d’avoir une interactivité immédiate avec les usagers, raccourcissant les délais et augmentant la pertinence des réponses.
Les réseaux intranet des services administratifs ont amélioré les méthodes de travail, assurant la sécurité et l’authentification des données via la signature électronique. Grâce à cela, un travail coopératif en ligne permettrait d’élargir encore plus les possibilités d’action de l’administration.

L’association des deux secteurs français (public et privé) serait un véritable atout pour valoriser notre patrimoine en le démocratisant afin de le rendre accessible à tous via les technologies numériques. De plus, tout en étant un investissement pour l’avenir, ceci permettrait une « sauvegarde » des documents originaux, en les stockant soit sur des cédéroms soit mis directement en ligne sur Internet, et donc de contribuer au rayonnement de la culture française dans le monde.

En 1998 eu lieu la journée d’étude sur la documentation électronique avec pour objectif la numérisation des fonds iconographiques et sonores de l’Etat.
Divers réalisations ont démontré l’importance des technologies numériques dans l’interopérabilité des données multimédias et des bases de données patrimoniales, ainsi que l’organisation des formes électroniques (SGML, HTML, PDF) des publications scientifiques afin de les rendre les plus accessibles possibles (pérennité, navigation, lecture).
Les technologies du numériques ne s’adressent pas seulement aux documents mais aussi aux émissions de télévision (personnalisation des programmes) et de radio (nouveaux formats du son), d’où le terme employé « multisupport ».

Par ces différentes applications du numérique, la France tente à combler son retard dans le domaine de l’information. C’est pourquoi, le gouvernement soutient de nombreux projets et adapte sa législation en fonction de ces échanges électroniques en vue de valoriser le patrimoine français.

 

Commentaire :

Simple à lire, ce texte démontre de manière synthétique les apports et les enjeux du numérique concernant les secteurs public et privé mais aussi pour les télécommunications.

J’ai trouvé cet article clair et précis mais j’aurais aimé que le sujet soit un peu plus approfondi.

 

Mots-clés :

Numérisation / télécommunications / secteur public / secteur privé / projet de numérisation / enjeux

Référence Bibliographique:

SALAÜN, jean-michel. Documents et numérique. Enssib, 2003, 12p. [En ligne]. Disponible sur : < http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/08/31/sic_00000831_01/sic_00000831.pdf > (Consulté le 25 novembre 2005)


Résumé:

Comme pour les technologies, la notion de document a beaucoup évolué.
Ce texte présente cette notion sous trois approches : le signe, le texte et le médium, toutes les trois interdépendantes.

 

Le document comme signe (forme)

Document traditionnel = support + inscription.

Le document est quelque chose de matériel, manipulable et dont l’inscription se fait par une action humaine manuelle ou informatique. Le document doit être régi par des régles de mise en forme où les aspects, forme et technique, sont privilégiés par rapport au contenu.
Avec le passage du numérique, les traitements ont été facilités grâce au dispositif pour la lecture.
L’inscription, quant à elle, devient une donnée codée. C’est pourquoi le document numérique peut être défini comme étant la structure + les données.

Depuis la création du Web, des milliers de documents sont actuellement disponibles, accessibles par tous et sur tous les types de matériels.

Deux niveaux fondamentaux apparaissent : la structure logique des documents et leur représentation visuelle (styles) nécessitant une normalisation pour qu’ils puissent être lus par tous. Grâce au XML il est possible de capturer la structure et le contenu. Il est important de comprendre que le document est en perpétuelle évolution entraînant divers problèmes comme le rattachement du texte à son auteur, la question de la temporalité du document et de son écriture, la réécriture du texte par plusieurs personnes et surtout son appropriation par tous.

Du fait de cette évolution constante, le document ne dispose plus de forme propre rendant son authentification plus complexe. D’autres problèmes apparaissent, comme le risque de changement de notre perception dû à la diversité des appareils de lecture ou la question de la pérennité des documents numériques, ou encore la nécessité de conserver toutes les versions existantes pour chaque document sur le Web. Le travail serait colossal.


• Le document comme texte
(contenu)

Document = inscription + sens.

Ici le contenu et l’inscription sont le plus important. Le sens du document se sonstruit selon le contexte de production (catégorisation) et celui de diffusion (l'interprétation dépend de l'époque). Une double relation apparaît : celle du monde documentaire et celle du monde naturel.
Les langages documentaires, apparus vers la fin du XIXe siècles, sont dus à l’accroissement constant de documents. Le numérique a été utilisé comme outil de classement organisé sous forme de bases de données bibliographiques créant une sorte de tremplin de l’information et de la gestion directe des documents.

Le Web a fait en sorte que les documents soient formalisés (XML) et indexés permettant des traitements sémantiques des textes. Avec ce travail, sont apparues les « métadonnées » modélisables et combinables. L’auteur suggère que le document numérique pourrait prendre une nouvelle voie grâce aux apports du Web sémantique.

Le fait d’élargir les langages documentaires pourrait altérer notre rapport au savoir.

Le Web a créé une sorte d’explosion du savoir, donc des documents en ligne que nous avons encore du mal à contrôler. Nous assistons à une séparation du savoir : tout en co-existant l’un avec l’autre, nous avons d’un côté le savoir indexé, catalogué, défini (langages documentaires) et de l’autre le savoir désordonné sans métadonnées.

 

Le document comme médium (relation)
Document = inscription + légitimité
Cette partie traite de l’aspect communicationnel des documents. Chaque document a son propre caractère social, sa propre identité. Le document est porté par un groupe social qui le suscite, le diffuse et l'utilise.
Encore de nos jours, beaucoup de documents ne sont pas publiés et ne sont donc consultables que par un nombre limité de personnes (dossier médical ou concernant des secrets non divulgables). Tout comme les publications à large échelle, ils ont eux aussi leur légitimité.
Le passage au numérique a en quelque sorte "informatisé" la société (développement des documents au format numérique).

Le Web a créé une sorte de patrimoine collectif, une mémoire partagée. Cette évolution va en parallèle avec l’évolution de notre société. On assiste à une consommation intensive d’informations. Le document numérique, pouvant être lu par des milliers de personnes, fait que chaque lecteur devient à la fois producteur et consommateur de sa société. Le document numérique, qui est libre et accessible à tous, reste encadré, structuré par la loi et les statuts juridiques qui lui ont été attribués.

Au niveau des organisations, il risque un jour de supplanter le document papier. Tous ces changements entraînent des malentendus entre la technique (l’industrie du document) et le droit (propriété intellectuelle) mais favorise d’un autre coté les échanges entre la population et les institutions. Comme le qualifie bien l’auteur, « le Web est un vaste bazar où l’on trouve une multitude de documents consultables gratuitement pour le lecteur et reliés entre eux », d'où la nécessité d'un repérage et d'une mise en valeur des documents (liens, référencement).

Cette organisation entraîne certaines suppositions comme le fait que le Web deviendrait une sorte de sélectionneur, de repéreur d’information la plus pertinente possible et qui serait mise en valeur grâce aux liens et aux moteurs de recherche, ou encore que le Web sémantique créerait une personnalisation du document et donc des services sur mesure chacun accéderait à l’information dont il a besoin.

La question du financement des contenus reste elle-aussi un problème. En effet, le Web, qualifié par l’auteur de « bibliothèque universelle », permet sans coût de diffusion, l’accès au savoir et à la culture. Le souci serait de voir apparaître une sorte « d’élite » de l’information. C’est pourquoi se posent diverses interrogations sur la fiabilité du financement d’un réseau ouvert ou la garantie à moyen terme de la diversité et la pluralité des documents en ligne.

Nous ne sommes qu’au début de cette transition entre le papier et le numérique et le constat est que de nombreux déséquilibres sont encore présents. Il est donc nécessaire de bien s’organiser, que cela soit au niveau des coûts mais aussi au niveau de la structuration et l’archivage du savoir. La technologie avance vite et risque de nous dépasser si nous ne prenons pas toutes les mesures nécessaires.

 

L’auteur rappelle le rôle premier du Web comme outil de communication et documentaire, la nécessité du document de passer sous forme numérique au risque de tomber dans l’oubli ; c’est pourquoi comprendre la notion de document est primordiale et essentielle.
Pour conclure cet article, l’auteur souligne l’importance des enjeux, qu’ils soient financiers, culturels ou sociaux, la rapidité avec laquelle la technologie du numérique évolue créant de nombreux questionnements et incertitudes qu’il reste encore à résoudre.


Commentaire:

Texte très pertinent mais assez technique. En effet il est nécessaire de le relire plusieurs fois pour bien en saisir toutes les nuances. Par contre, l’article analyse bien les impacts qu’a eu l’évolution des technologies et le numérique sur le document mais aussi notre difficulté à gérer la masse d’information que cela a engendré.

La forme du document a été bouleversée par la généralisation des outils de traitement. Le document est déterminé par sa structure tandis que les présentations varient selon les outils de lecture. Comment savoir alors où s'arrête les limites du document?
Avec le numérique, le document peut faire sens même s'il n'est pas lu par un lecteur humain. Se pose alors le problème de l'extraction automatique des connaissances. En effet, on passe de données descriptives extérieures à une intégration de ces données dans le document lui-même. C'est pourquoi, les métadonnées aide la machine à comprendre le document et à savoir de quoi il traite.

Toutes ces évolutions technologiques font que de nombreuses interrogations se posent : Qu'en est-il de la pérennité des documents? Y a-t-il une valeur sémantique de la mise en forme? Peut-on analyser le contenu d'un document sans prendre en compte la collection dans laquelle il se trouve? Comment garder la mémoire des documents numériques et comment leur permettre une diffusion égalitaire? Faut-il tout numériser ou certains choix s'imposent?

Pour conclure, ce texte m'a permis de comprendre quels ont été et quels seront les enjeux du numérique via le Web et la façon dont ils doivent être gérés. Le document numérique et les langages documentaires sont en perpétuelle mutation où chaque citoyen de chaque pays en est le principal acteur. Mais le risque est que la vague créée par ces bouleversements technologiques risque d’être difficile à maîtriser.
Nous n’en sommes qu’au stade du balbutiement et de nombreuses interrogations restent en suspens.

Mots-clés :

Document numérique / Web sémantique / évolution des technologies / langages documentaires / numérisation / réseau / économie

Référence bibliographique :

Alkhoven, Patricia. La numérisation des collections : Les objectifs stratégiques de la Bibliothèque royale des Pays-Bas. BBF, 1999, tome 44, n° 6, p. 80-87. [En ligne]. Disponible sur : <http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-1999-6/12-alkhoven.pdf>. (Consulté le 10 Novembre 2005)


Résumé de l'article :

Depuis une dizaine d'années, le plus grandes bibliothèques du monde se sont tournées vers une nouvelle technique de conservation et de préservation : la numérisation.
Cette technique impose de mettre en place de nouvelles politiques de diffusion et d'accessibilité.
Cet article expose les divers objectifs stratégiques de la Koninklijke Bibliotheek des Pays-Bas.
Grâce à la mise en place d'une politique de numérisation, elle a pu commencer ses activités en 1995, essentiellement tournées vers les collections spécialisées.

 

En s'alignant sur les grands projets internationaux de numérisation, elle s'est donnée pour objectif de mettre à la disposition de tous, via son site web, l'ensemble des oeuvres littéraires du XIXe siècle mais aussi les correspondances et les dictionnaires bibliographiques.
Qui plus est, cet article permet de mieux comprendre les différentes problématiques liées à la numérisation: pourquoi numériser et pour quel public? quel cadre choisir pour faciliter l'accès et la diffusion des collections? quels sont les avantages mais aussi les difficultés rencontrées? quels sont les critères de sélections des collections?
Lancée dans une politique de conservation à grande échelle depuis 1976, la KB exprime son désir de rendre accessible à tous, grâce à des modes de consultation de plus en plus élaborés (mise ne place de Bdd destinées à ces collections numérisées), un ensemble de documents les plus hétéroclites possibles.

 

Les enjeux sont énormes et les difficultés non négligeables. C'est pour cela que différents principes ont été instaurés : faciliter l'accès aux documents primaires grâce à des bdd de plus en plus flexibles, choisir le mode de numérisation adapté selon les divers types de documents mais aussi développer les échanges avec d'autres bibliothèques en vue de créer une grande bibliothèque virtuelle nationale. L'entreprise reste hasardeuse (investissements matériels et financiers importants) et semée d'embuches car cela implique une très bonne coordination entre les diverses institutions.

 

L'article rappelle qu'une bonne diffusion suggère un travail bibliographique indispensable, une étude préalable du public, faire en sorte que les outils (logiciels) soient vraiment adaptés au public et développer des procédures de gestion (formats, résolution, définition, controle qualité, sous-traitance, accessibilité, stockage des données) mais aussi le type de scanner à acheter en fonction du type de documents à numériser.

 

Il est nécessaire de définir les normes techniques ainsi que le choix du langage et les moyens de conservation.
Enfin, il est important de comprendre que la mise en route de tels projets implique un suivi régulier par tous, à la fois par le personnel de la bibliothèque mais aussi par la coopération avec d'autres bibliothèques.


Commentaire :

J'ai trouvé cet article très clair, résumant bien les différents enjeux à organiser pour élaborer des collections numériques. Que cela soit du point de vue technique de la numérisation ou relationnel, il m'a permis de réaliser que l'ampleur du travail à effectuer était considérable, à la fois au niveau de l'organisation mais aussi de la réflexion. Il est nécessaire de bien comprendre les besoins des utilisateurs et de se poser les bonnes questions.

Le plus de cet article : la présentation des différents projets actuellement en cours à la KB permettant d'avoir une vision globale de son travail.


Mots-clés :

Numérisation / bibliothèque / patrimoine / conservation / diffusion / politique de numérisation. 

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